•  
  •  

Patrick Adler : le rire nous vient du froid – Le Pays

Devant une salle comble de plus de 900 spectateurs, Patrick Adler a présenté jeudi soir aux Belfortains son show intitulé Adler… frais dont la première mouture date de 2004. Depuis son passage au dernier Festival d’Avignon en juillet, l’artiste a encore remanié ce spectacle. « Je prends un risque devant ce public belfortain que je vais découvrir, avoue-t-il. Je lui réserve la primeur d’un show que j’ai profondément modifié. Sept pages sur 15 ont été réécrites et ce sera sans doute la version que je présenterai lors de ma rentrée en novembre, au Triomphe, à Paris. »

Un artiste militant

Imitateur hors pair des vedettes du show-biz, Patrick Adler a beau expliquer « qu’il y a désormais moins de voix féminines dans ce spectacle », le spectateur se perd un peu dans les 60 vedettes qu’il excelle à imiter tant par la voix que par les mimiques. L’improvisation fait partie intégrante de ce show et le public apprécie cette spontanéité qui s’inscrit parfaitement dans l’histoire farfelue où l’artiste se plonge avec délice. Perdu dans le grand nord à la suite d’un défaut de prononciation qui a fait confondre Japon avec Lapons, l’artiste va se servir de ce décor pour d’improbables rencontres. Lorsqu’il se moque des chanteurs de la nouvelle génération, c’est pour mieux critiquer le système.

Il pourfend sans pitié la Star’Ac devenue dans le contexte StarIce et redevient sérieux pour persigfler sur l’attitude de Sarkozy. Il prend position pour soutenir les expulsés du squat de Cachan et saisit l’occasion de rappeler ses affinités avec la gauche militante. « Vous avez un bon maire à Belfort. Chevènement, tu enlèves le Che il reste événement. J’aime bien Chevènement », soutient-il avant de brocarder Raymond Forni : « J’adore Forni aussi. Quand il ssera mort on fera un quai Forni. Ca vaudra mieux qu’un Forni quai. »

Passant sans transition des bons mots aux chansons parodiques, le rythme est étourdissant au point que le public peine parfois à suivre le fil rouge du contexte où se situe l’histoire. Après une heure trente de rires, c’est debout que les Belfortains ont salué Patrick Adler, artiste aux multiples facettes.

Un article de Hervé Haustete pour Le Pays du Samedi 26 Août 2006.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*