•  
  •  

Entre stand-up et imitations ! – VisioScene.com

Imitateur, humoriste, comédien, meneur de revue à ses heures, Patrick Adler fête ses 20 ans de carrière aux Feux de la rampe. A 53 ans, dans un style stand-up, il s’amuse toujours autant.

Votre nouveau spectacle s’intitule « Même pas changé ! » C’est-à-dire ?

Quand j’ai vu le titre du spectacle d’Anne Roumanoff, « Anne à 20 ans », je me suis dit que ça tombait pile poil pour moi aussi. J’ai démarré ce spectacle en juillet 2010, 20 ans après mes débuts, ce qui me permet de faire un petit tour d’horizon de tout ce qui s’est passé, l’arrivée de Sarko, celle des seniors. Je me suis dit que j’allais faire cette rétrospective de façon amusée, détachée, et surtout en stand-up. Avant, mes spectacles étaient très structurés, scénarisés, il y avait une histoire. Là, c’est la première fois qu’il n’y a pas d’histoire, je m’amuse. Ça procède d’une chose très simple : lors d’un festival, à la fin, je me suis mis à bâcher durant un quart d’heure. Et le lendemain, la presse a parlé de ce délire, on ne m’imaginait pas sous ce jour-là, moi, l’ex prof d’allemand très structuré, carré. On m’a dit que mon univers était dans l’improvisation, ce qui ne m’empêche pas de retomber sur mes pieds. J’aime bien sortir du cadre, en prenant appui sur quelqu’un qui tousse ou qui se gratte le nez, parce qu’à ces moments-là il me vient des choses. On m’a demandé pourquoi je ne faisais pas le Jamel Comedy Club. Ce serait très drôle, parce que ce que je fais est à contre-courant de ce qu’ils font et qu’en même temps c’est le même exercice de style : alors pourquoi pas ?

Comment êtes vous passé de prof d’allemand à imitateur ?

Un jour j’ai vu un nul passer chez Drucker et je me suis dit : pourquoi pas moi ? J’étais le seul à faire des femmes et Drucker m’a pris dans son émission Champs-Elysées, du coup au moment où j’allais passer le CAPES, j’ai arrêté et je suis arrivé là.

Vous êtes aussi meneur de revue ?

Oui, au Carrousel de Paris, avec des filles, des plumes, des magiciens. C’est très rigolo, c’est un exercice d’improvisation en live : je fais quelques sketchs mais je m’amuse surtout avec les danseuses entre les numéros. C’est une double activité qui m’est tombée dessus. J’aimerais aussi refaire de la radio et multiplier les genres, les activités.

Quelle est l’évolution entre un spectacle et le suivant ?

C’est une évolution forcée, parce que dès je m’ennuie, je passe vite à autre chose. Les gens qui sont revenus après m’avoir vu en juillet dernier m’ont dit que ça n’avait rien à voir, parce que l’actu est différente, parce que j’ai démarré par Bruel et que je casse tout au moment d’une belle chanson. Dans le précédent spectacle je faisais Zaz et Grégoire, mais mon public est plutôt quadra-quinqua, donc ça n’apportait rien.

Ça me donne la pêche d’aller vers le public. Je ne peux pas être statique.

Vous faites des personnages que d’autres imitateurs n’imitent pas ?

Pas vraiment. C’est vrai que j’étais le premier à faire Benoît Poelvoorde, Brigitte Fontaine ou
Dominique Besnehard aux Molières en 2000, mais en même temps, bon…

D’ailleurs, naturellement, vous avez un peu la voix de Poelvoorde…

Au début, on me disait que j’avais le voix de Palmade, maintenant celle de Poelvoorde. C’est peut-être parce que j’ai la voix naturellement cassée que je suis très bon dans ces voix cassées ou voilées comme celles de Stéphane Eicher, Bruel, ou de femmes comme les Vamps, Maria Pacôme, Maurane ou Bonnie Tyler. J’ai un oedème naturel sur une des deux cordes vocales qui permet de faire ça naturellement.

Une de vos qualités est d’alterner les moments où vous parlez très doucement et ceux où vous élevez la voix, comme certains bons profs.

Oui j’économise, ce sont mes années d’enseignement qui m’ont appris cela, parce qu’on a un public plus captif quand on parle bas, les gens font un effort, alors que si on parle toujours fort, à la fin la musique est entrée dans votre tête et ça n’a pas d’intérêt. Donc là c’était intéressant de varier un peu et surtout de réveiller les gens, de temps en temps.

Une interview de Patrick Adler par JB pour VisioScene.com le mecredi 9 février 2011

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*