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Berlusconi, quand la Momie bout – TAK.fr – 14 décembre 2012

Article posté le 14 décembre 2012 sur le site TAK.fr : Berlusconi, quand la Momie bout

Incorrigible Silvio. Berlusconi est de retour !

Incorrigible Silvio. Berlusconi est de retour !

Incorrigible Silvio ! Il n’aura pas longtemps tenu sa promesse, et sa tentation de Venise s’est arrêtée aux vestiaires de l’AC Milan, son club fétiche, où, après treize mois de patience contenue, de petits agacements et autres colères rentrés, il a fallu qu’il donne de la voix. Car, en bon Italien qui se respecte, Silvio n’est pas un taiseux. Bien au contraire ! Quand sa parole se fait rare, c’est qu’il est en soins.

Berlusconi, c’est très surfait

Oui, Silvio prend soin de lui et c’est tout à son honneur. A l’instar de son égérie Amanda Lear, récupérée bien après Dali1 – c’est lui qui la mit en train sur la RAI – Silvio n’aime rien tant que se faire corriger. La correction, chez lui, ça vous étonne ? Il vous est arrivé de le trouver un brin vulgaire, déplacé ? Vous ne l’avez pas bien saisi. Ce petit homme a le souci de la perfection. Une ride par-ci ? Botox. Alopécie naissante, l’auréole ? Implants. Il le vaut bien. Des paupières qui tombent ? Scalpel. Un ventre qui avance ? Liposuccion. Une nouille et deux raviolis qui pendent ? Direction Viagra, la trattoria chic de Milan. Goitre de dindon inquiétant au moment des fêtes ? Lifting. Et si la cicatrisation promet d’être longue, il n’y a qu’à embaumer et recouvrir la partie opérée de bandelettes. Depuis, les Italiens le surnomment « la Momie ». Parce qu’il n’est pas tiré qu’à quatre épingles. Il aurait essayé la cryogénie, on l’aurait nommé Hibernatus. A choisir…

D’ordinaire, les momies restent figées. Et à leur place. Dans le tombeau. Tous les Egyptologues vous le diront. Pas Silvio. Qui ne tient pas en place et ne respecte pas les traditions. Et pour cause ! Le Cavaliere ne s’avoue jamais mort. Politiquement, s’entend. La momie bout. De revenir sur le devant de la scène.

Et, à chaque fois, force est de constater qu’il revient, tel le Phénix, il renaît de ses cendres. Tel le Vésuve ou l’Etna, Silvio est toujours en activité. D’où sa passion affichée pour l’exercice physique, le bunga-bunga (une tarentelle pour bègues, d’après les spécialistes) qu’il pratique encore à un âge avancé avec de jeunes nymphettes, précocement expertes et tarifées. Le peuple se gausse, mais suit comme un mauvais feuilleton les frasques qui émaillent sa vie. L’Italien est vraiment bonne pâte !

Les Italiens ont ceci d’incroyable qu’ils peuvent donner leurs suffrages à des « Professore » (Romano Prodi, Mario Monti), aussi drôles que les protestants danois dans Le Festin de Babette, les loubavitch de Jérusalem, les catholiques des tea-parties ou les salafistes maliens. Puis, en un tournemain, élire à la magistrature suivante un nain clownesque, pathétique et incompétent au motif qu’à plusieurs reprises déjà il a su, par sa gouaille de maquignon, ses talents de vendeur d’aspirateur, leur vendre la lune… qu’au passage lui seul a touchée. En soirée.

Super-Mario ne fait pas rêver

Super-Mario fait rêver en jeu-vidéo, pas dans la réalité. Le promu Prodi n’avait, lui non plus, rien produit alors qu’il avait promis un peu de Paradis. Alors…Que ou qui choisir ?

L’Italie risque en février de botter en touche si M&M (Mario Monti) se présente contre le Cavaliere.
Dans cette bataille façon Geriatric Park, les Italiens, insécurisés en dépit de taux emprunteurs moins violents depuis 13 mois, risquent de rejeter cette cure d’austérité.
Doit-on comprendre que le retour de la Momie Berlusconi est annoncé et est-ce de bon augure ?

Treize mois de sacrifices ont évité un gouffre à la grecque, prétend Monti. De quoi donner aussitôt des champignons au Cavaliere qui rétorque : « Le pays va tout droit dans le ravin. » Mais, par chance pour l’Italie, Super-Berlu ne conduit pas… mais il a un chauffeur et lui est de retour ! Alléluia ! Gonflant son poitrail, retroussant ses manches, s’agitant, sautillant, comme pour figurer l’urgence, il en viendrait pour le coup, à nous la donner, la berlue. Et de poursuivre sans relâche : « Je suis le sauveur, le pourfendeur de la politique des techniciens et de l’austérité germano-centrée. » Capito ? Il est le Messie. Mais non, vous ne rêvez pas. Puisqu’il vous le dit.

Aux prochaines législatives anticipées, l’Italie connaîtra, sauf accident « le retour des morts vivants » – si Monti et Berlusconi se présentent – ou seulement « le retour de la Momie », une super-production qui fait déjà froid dans le dos, risque d’affoler les marchés et les Italiens, tant la Momie bout. D’impatience.

Le nom d’Amanda Lear aurait pour origine le fait qu’elle était « l’amant(e) de Dali ».

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