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Miss France, les maillots faibles – TAK.fr – 2 décembre 2012

Article posté le 2 décembre 2012 sur le site TAK.fr : Miss France, les maillots faibles

Miss Corse : maillot faible !

Miss Corse : maillot faible !

Quand j’étais petit, comme tous les petits garçons de mon âge, je rêvais d’être pompier. Las ! Rapidement, je m’aperçus que j’avais le vertige et cette peur du vide, quel qu’il fût, m’habita. Au point, par exemple, de zapper toute élection de Miss avant Noël, pour échapper à la vacuité de leur discours. Quitte à prendre des marrons…

Miss France : « Jamais sans maillot ! »

Avec le temps, les dindes, élevées au grain, en plein air – comme dirait Jean-Pierre Coffe, qui a emprunté ses lunettes à Marcel Achard mais pas son talent –, s’enrichirent intellectuellement, laissèrent au vestiaire les idées reçues, donnèrent leurs opinions, s’affirmèrent, mirent en avant leur « moi », revendiquèrent des postes enviés (cf. Sophie Thalmann répondant : « Prendre votre place » à un Jean-Pierre Foucault, surpris, qui lui demandait machinalement ce qu’elle comptait faire plus tard). Puis, telle La liberté guidant le peuple de Delacroix, elles avancèrent encore et exhibèrent sans vergogne leur plastique.

C’était sans compter sur l’Autorité Suprême de sainte Geneviève de Fontenay, habillée façon damier par La Pie qui chante – moitié menthe, moitié réglisse –, qui, n’ayant pourtant connu que le noir et blanc, annonça la couleur et brandit l’oukaze : « Jamais sans maillot, jamais sans écharpe ! » Les poulettes non « burkaïsées » façon « Belle de Fontenay » étaient averties : apparaître en photo dans le plus simple appareil ferait de chaque contrevenante un « maillon faible » et lui interdirait l’Election Finale.

Puis sainte Geneviève-la-Morale vendit. Cher. Très cher. A Endémol. Et s’en mordit le chapeau. Exit Geneviève. Place à Sylvie Tellier. Plus jeune, plus fraîche, moins aguerrie à l’élevage de volatiles de plus en plus rétifs, on s’attendait à plus grande indulgence de la part d’une ex-Miss. C’était sans compter l’arrivée de la crise, le repli sur les fondamentaux et le retour aux tartufferies désuètes.

D’où ce « Cachez ces seins que je ne saurais voir » adressé à Miss Corse 2012, nouveau « Maillon faible ». Au revoir. D’autres doivent suivre. Un plan social au Comité Miss France, du jamais vu. Signe des temps ?

Montebourg et l’Indien dans la ville

Heureusement, il reste Arnaud Montebourg : le pompier de service, le nouveau chevalier blanc, l’homme au regard et au moral d’acier, celui qui est au four et au moulin, qui vous étatise les hauts-fourneaux, la sidérurgie, en un tournemain, oubliant juste que l’Indien dans la ville, propriétaire de Florange, n’est pas celui qui passe dans les restaurants vendre des roses mais un Indien puissant qui emploie juste 20.000 âmes en France.

Désavoué ou juste recadré, comme il est coutume de dire aujourd’hui, par le Realpolitiker Ayraud, Premier ministre de son état, notre pompier national, jamais résigné, sait déjà qu’il a d’autres feux à éteindre. Rien n’arrêtera sa fougue, son engagement, il voit grand et loin, comme les lunettes de son ex-compagne, qu’il a su tout de suite recaser après son départ de France 2 et France Inter, via son ami Mathieu Pigasse, propriétaire des Inrocks.

Pompier, décidément, c’est un beau métier. Mais en voyant s’agiter l’homme à la marinière, j’en ai encore le vertige.

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